Comment le pain arrive jusqu’à toi
Bonjour, mon petit ami. C’est moi, Fenn. Tu sens cette bonne odeur ? Du pain tout frais, encore tiède et bien moelleux. J’adore ça. Aujourd’hui, je vais te raconter le long voyage d’un pain, avant qu’il arrive sur ta table.
Son histoire ne commence pas dans la cuisine. Elle commence bien avant, dans la terre. Avec quelque chose de si petit que je pourrais le cacher sous ma patte. Tout commence par une petite graine.
Un fermier dépose des milliers de graines dans la terre brune et douce. On dirait qu’il les borde dans leur lit. Puis la pluie leur donne à boire, et le soleil vient les réchauffer.
Tout doucement, chaque graine laisse sortir une fine pousse verte. Les pousses grandissent. Elles dépassent mes oreilles, puis ma queue dressée. Bientôt, elles forment tout un champ. Cette plante s’appelle le blé.
Au fil des semaines, le blé boit et grandit. Un jour, le champ devient tout doré. Quand le vent passe entre les tiges, elles font chhh, chhh, comme une berceuse. Le blé est mûr. Il est prêt à être récolté.
Tout en haut de chaque tige, il y a un épi. C’est la petite partie qui porte les grains, serrés les uns contre les autres. Ces grains sont de petites graines dures. Voilà le trésor que le fermier attendait.
Le fermier récolte les grains et les apporte au moulin. Dans le moulin que nous visitons, il y a de grandes pierres rondes et lourdes. Elles servent à écraser les grains. Viens, regardons comment elles travaillent.
Les pierres tournent, encore et encore. Entre elles, les grains sont écrasés jusqu’à devenir une poudre fine et claire. Cette poudre, c’est la farine. Les petits grains durs ont bien changé ! La farine est maintenant prête à partir chez le boulanger.
Le boulanger verse la farine dans un grand bol. Il ajoute de l’eau, une pincée de sel et un peu de levure, qui aidera la pâte à gonfler. Il mélange, puis travaille le tout avec ses mains. C’est souple et élastique : voilà la pâte.
La pâte a besoin de repos, un peu comme toi. Le boulanger la couvre d’un linge et la laisse dans un coin tiède. Grâce à la levure, elle gonfle doucement. Elle devient plus grosse et plus ronde, comme si elle prenait une longue inspiration.
Enfin, le boulanger met la pâte dans le four bien chaud. Moi, je regarde de loin. La croûte devient dorée et croustillante. Toute la boulangerie se remplit de cette merveilleuse odeur. Ce n’est plus de la pâte. C’est du pain !
Un camion emporte les pains vers le magasin. Puis quelqu’un en rapporte un à la maison, jusqu’à ta table. Une graine, du blé, des grains, de la farine, de la pâte, du pain. Quel voyage pour une seule tranche !





