

Pomi, Olo et le fond du tunnel
Un long tunnel où personne ne va jusqu'au bout, et une ombre qui respire. Pomi et Olo décident d'avancer d'un seul pas par nuit.
- 1Le couloir que personne ne finit2:58
- 2La première nuit : une odeur3:01
- 3La deuxième nuit : un souffle2:45
- 4La troisième nuit : la tache grise2:31
- 5Le ciel au bout du tunnel3:09
Sous les racines d'un vieux hêtre, tout au fond de la forêt, il y avait le terrier d'Olo. Le blaireau y avait creusé des couloirs ronds et tièdes, qui sentaient la terre humide et la mousse. Chaque soir, il allumait une petite bougie de cire… et toute la pièce devenait dorée.
Ce soir-là, quelqu'un gratta trois fois à l'entrée. Trois petits coups, très polis. C'était Pomi, le hérisson, roulé en boule comme un pain rond. Il avait traversé le bois en marchant dans les feuilles, et ses piquants en étaient tout couverts. Il se secoua, et les feuilles tombèrent une à une.
« Entre, Pomi », dit Olo. « J'ai gardé la place la plus chaude, juste là, contre le mur. » Le blaireau tapota le lit de feuilles avec sa grosse patte. « Ce soir, je te raconterai une vieille histoire. Une histoire que je ne raconte presque jamais… parce qu'elle n'a pas de fin. »
Pomi s'installa, le museau posé sur ses pattes. Tout au fond du terrier, derrière la réserve de glands, s'ouvrait un couloir plus long que les autres. Un tunnel noir, très droit, qui descendait sous la colline. Personne, jamais, ne l'avait parcouru jusqu'au bout.
« Quand j'étais petit », dit Olo, « ma grand-mère m'a raconté qu'une ombre habitait là-bas. Une ombre qui respire, très lentement… comme quelqu'un qui dort. » Il regarda la flamme de la bougie. « Alors je n'y suis jamais allé. Et personne d'autre non plus, depuis très longtemps. »
Pomi sentit ses piquants se dresser tout seuls. Il n'aimait pas le noir. Il n'aimait pas du tout les choses qui respirent quand on ne les voit pas. Mais il regarda le tunnel encore une fois… et quelque chose, en lui, eut très envie de savoir. Une toute petite envie. Ronde et têtue.
« Et si on y allait ? » dit Pomi. Sa voix tremblait un peu. « Pas jusqu'au bout. Pas d'un seul coup. » Il réfléchit, le nez tout plissé. « Un pas par nuit, Olo. Un seul. Et quand on a peur, on revient. Demain, on recommence, et on va un pas plus loin. »
Olo posa sa patte sur le dos du hérisson, entre deux piquants, exactement là où c'était doux. Il trouva que c'était une très bonne idée. La meilleure idée de tout l'automne. Ils décidèrent de commencer le lendemain soir… et cette nuit-là, ils dormirent le nez tourné vers le tunnel.
Similar stories
Similar stories
Calm stories of the same atmosphere — about friendship, darkness, and the gentle voices of the night forest.



Comments
Comments
Sign in to leave a review
Only registered users can write comments — this helps us keep a warm and safe atmosphere here.