Nuri, Lorin et le chantier du courant
Prête à être écoutée· Chapitre 1 sur 5
Nuri, Lorin et le chantier du courant
5+13 minfr
Prête à être écoutée
0:00
12:42
Chapitres
  • 1Le rocher plat de Nuri2:41
  • 2Le marché du dauphin2:46
  • 3Repère après repère2:25
  • 4Le repère qui ne voulait pas tenir2:25
  • 5Le dernier repère2:25
Texte synchronisé

Texte de l'histoire

Le rocher plat de Nuri
Nuri, Lorin et le chantier du courant

Au bord du récif, l'eau du matin était claire comme du verre. Des bancs de petits poissons argentés passaient en virgule, puis repartaient d'un coup. Sous un rocher plat, huit bras s'agitaient dans tous les sens. Un bras tenait une coquille. Un autre nouait une algue bien serrée. Et le sourire de Nuri dépassait, comme toujours.

Nuri fabriquait des repères. De petites tours de coquillages, coiffées d'une algue jaune qui brillait dans l'eau. On les voyait de très loin — même quand le sable se soulevait, même quand le courant devenait gris. Elle en avait déjà posé trois. Trois, sur toute la longueur du courant… c'était bien peu.

Car le courant était long. Il partait du récif tiède, glissait entre deux rochers pointus, puis filait vers la haute mer, là où l'eau devient d'un bleu profond. Les jeunes poissons s'y perdaient souvent. Ils tournaient, tournaient — et rentraient très tard, fatigués, le ventre triste et les nageoires molles.

« Un repère tous les cent battements de nageoire », murmura Nuri en comptant sur trois bras à la fois. « Comme ça, plus personne ne se perd. » Elle regarda le courant qui s'éloignait vers le bleu, tout là-bas. « Il m'en faut encore… beaucoup. Beaucoup, beaucoup, beaucoup. »

Nuri prit un repère tout neuf sous son bras numéro quatre et se mit en route. Elle avança. Puis elle avança encore. Le récif était toujours derrière elle, à portée de bras. Une pieuvre, ça ne file pas comme une flèche : ça glisse, ça s'accroche, ça repart. Le soleil, lui, montait vite.

Elle posa le repère et souffla un petit nuage de bulles. Trois algues jaunes en une matinée. Trois. À ce rythme, le courant serait balisé quand elle serait vieille et grise, avec des bras tout mous. Alors elle s'assit sur une pierre bien ronde, et elle réfléchit très fort.

Et c'est là qu'un éclair gris fila au-dessus d'elle. Une ombre rapide, joyeuse, qui remonta vers la lumière, tourna sur elle-même et redescendit en spirale. Toute l'eau se mit à vibrer. Nuri leva ses huit bras d'un coup. Elle connaissait cette façon-là de bousculer la mer.

Warmnest— 1 / 7 —
Note du conte
0.0
0 notes
5 0
4 0
3 0
2 0
1 0
Votre note

Appuyez sur une étoile pour noter le conte

Commentaires

Commentaires

Commentaires

0 avis

Connectez-vous pour laisser un avis

Seuls les utilisateurs inscrits peuvent écrire des commentaires — cela nous permet de maintenir une atmosphère chaleureuse et sécurisée.