Sorin et la nuit qui grinçait
Prête à être écoutée· Chapitre 1 sur 5
Sorin et la nuit qui grinçait
4+14 minfr
Prête à être écoutée
0:00
13:33
Chapitres
  • 1La forêt ne dort pas2:32
  • 2Le bouleau à la branche cassée2:44
  • 3Le volet du moulin2:44
  • 4Le souffle de la mare2:49
  • 5La forêt expire2:44
Texte synchronisé

Texte de l'histoire

La forêt ne dort pas
Sorin et la nuit qui grinçait

La nuit était tombée sur la forêt, lentement, comme une couverture qu'on pose sans bruit. Les mousses avaient gardé un peu de chaleur du jour. Les fougères s'étaient repliées. Et tout en haut, entre les branches, une petite lueur dorée flottait… C'était Sorin, qui commençait sa ronde.

D'habitude, à cette heure-là, la forêt respirait tout doucement. Les blaireaux se roulaient en boule. Les mésanges rentraient la tête sous l'aile. Mais ce soir, quelque chose n'allait pas. Le vent s'était levé — un vent large, qui poussait les cimes — et chaque arbre s'était mis à parler.

Craac. Toc-toc. Fffouuu. Les bruits arrivaient de partout à la fois, et jamais au même moment. Sorin s'arrêta au-dessus d'une clairière et écouta, sa lueur tremblant un peu. En dessous de lui, sous un tronc creux, trois petits museaux dépassaient. Personne ne dormait.

« Tu as entendu ? » chuchota le plus petit lapereau, les oreilles bien à plat. « Bien sûr que j'ai entendu », répondit Sorin en descendant vers eux, doucement, comme une plume qui tombe. « Toute la forêt a entendu. » Sa lumière se posa sur les fougères, et les ombres reculèrent d'un pas.

Sorin ne fit pas taire le vent. Il ne le pouvait pas — et puis, le vent n'avait rien fait de mal. Il posa simplement sa petite lueur au bord du terrier, et il réfléchit. Un bruit fait peur quand on ne sait pas d'où il vient. Alors… il suffisait d'aller voir. Un par un.

« Venez », dit-il. « Cette nuit, nous allons donner un nom à chaque bruit. » Les trois lapereaux se regardèrent longtemps. Puis le plus courageux sortit une patte, et l'autre, et enfin le bout du nez. Dehors, l'herbe était fraîche, un peu mouillée, et elle sentait la terre remuée.

Au-dessus d'eux, les branches bougeaient encore. Elles se frottaient, elles se penchaient, elles reprenaient leur souffle. Mais maintenant, les lapereaux avaient une lampe. Une toute petite lampe dorée qui flottait devant eux à hauteur d'oreille… et qui ne s'éteignait jamais.

Warmnest— 1 / 7 —
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