Marel, Kori et la berceuse du récif
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Marel, Kori et la berceuse du récif
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Kapitel
  • 1La nuit descend sur le récif2:57
  • 2Les pinces qui ne chantent pas2:51
  • 3La berceuse à deux voix3:07
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Märchentext

La nuit descend sur le récif
Marel, Kori et la berceuse du récif

La nuit tombait doucement sur le récif. L'eau passait du bleu au violet, puis à l'encre. Les coraux repliaient leurs petites mains ouvertes. Tout là-haut, très loin, la lune posait un rond pâle à la surface… et ce rond tremblait, comme s'il respirait lui aussi. C'était l'heure. L'heure où le récif s'endort.

Marel arriva comme arrive un nuage — sans bruit, sans hâte. Elle était immense. Son dos gris portait des taches de sel et de vieilles cicatrices toutes douces, et quand elle passait, l'eau se pliait autour d'elle en longs rubans tièdes. Les petits poissons la reconnurent tout de suite. Ils cessèrent de nager. Ils attendirent.

« Dors, petite vague, dors, » chanta Marel. « Le sable est chaud, la nuit est ronde… La mer te tient, la mer te berce… » Sa voix descendait très bas, plus bas que le fond, puis remontait lentement comme une marée qui revient. « Dors, petite vague… je reste là. »

Alors les poissons-clowns se glissèrent entre les anémones. Les demoiselles bleues s'installèrent dans les creux du corail. Une tortue posa son menton sur une pierre plate et ferma les yeux, très lentement, comme on referme un livre qu'on a bien aimé. Partout, le récif devenait tiède et lourd de sommeil.

On disait que Marel connaissait une berceuse pour chaque petite vague. Une pour les vagues pressées. Une pour celles qui reviennent toujours au même rocher. Mais celle du soir était la plus profonde de tout l'océan — si profonde qu'on ne l'entendait pas vraiment… on la sentait, dans le ventre, comme un grand cœur calme.

Pourtant, tout au bord du récif, dans une petite cour de sable, quelqu'un ne dormait pas. Kori, le crabe. Il avait rangé ses cailloux en trois rangées bien droites — les blancs, les gris, les rayés. Chaque soir, il écoutait la berceuse jusqu'au dernier souffle. Et chaque soir, il aurait tant voulu chanter aussi.

« Moi aussi, je voudrais, » murmura Kori à son plus petit caillou. « Une chanson pour la mer… une toute petite, même pas longue. » Il ouvrit ses pinces. Il attendit. Rien ne vint — pas une note, pas un souffle. Seulement le bruit sec de ses pinces qui se refermaient dans le noir.

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